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    Chronique de la quarantaine

    J’ai toujours été du genre flemmarde, à tendance casanière. 


    Depuis l’adolescence, quand on me propose une fête, un dîner, un apéro ou un ciné, ma première pensée est de me demander vers quelle heure ce joli programme se terminera. Même si j’adore mes amis et que j’aime passer du temps avec eux, j’ai besoin de savoir à quel moment je pourrais enfin rejoindre la douceur de mes draps. 


    J’ai récemment découvert que l’art de ne rien faire, mon arme secrète depuis de nombreuses années, avait même son petit nom aux Pays-Bas : « niksen ». La paresse a depuis longtemps mauvaise presse, on fustige les fainéants alors que j’ai toujours pensé que c’était plutôt une bonne chose. On prend le temps de rêver, de s’évader et bien-sûr de réfléchir au sens de la vie (non, je déconne). Et surtout, on ne dérange personne à ne rien faire… 


    Ce confinement forcé aurait dû alors être une célébration pour moi : plus besoin de trouver d’excuses (« ah non désolée, ce soir je me lave les cheveux ! » - j’ai beaucoup de cheveux). C’était sans compter sur la culpabilisation de mes amis d’Instagram qui se sont tous mis à faire du pain sans gluten aux amandes et aux news mortifères liées à ce satané virus qui plombent chaque jour un peu plus mon moral et font grimper mon tensiomètre interne. 


    A cet enfermement s’ajoute une nouvelle donne : journaliste pigiste, j’ai de moins en moins de travail. Du coup, je glande sur Internet. Beaucoup. Trop. Je m’abrutis de séries (que j’ai déjà vues) et de replay d’épisodes de « Faites entrer l’accusé » (que j’ai déjà vus). Je n’en profite pas pour (re)lire les grands classiques de la littérature ou pour ré-agencer mon deux-pièces qui en aurait grandement besoin. Cela demanderait trop d’effort. Et je n’applaudis même plus à la fenêtre à 20h car, dû à ma flemme, j’ai raté deux sessions ne pouvant (voulant ?) pas me lever de mon canapé et maintenant, j’ai peur que si je réapparais, mes voisins me jugent. 


    Et si ma flemme finissait par avoir raison de moi ? Et si, après ce 11 mai tant attendu, je restais finalement au lit ? Pourtant, on le sait bien :  après la pluie, le beau temps. Le jour où je pourrais retrouver mes amis sur une terrasse ensoleillée reviendra - avec les distances de sécurité appropriées - et à ce moment-là, je n’aurais plus aucune envie de me laver les cheveux… 


    Maud Gabrielson