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Chronique de la quarantaine : l’après à Shanghai

A Shanghai, l’avenir fait rage depuis bien longtemps. Innovation et course contre la montre déglinguent le présent. On dit qu’elle est la ville du futur. Alors aujourd’hui, est-elle celle d’un monde nouveau ?

Je suis rentrée à Shanghai le lendemain du D-Day, au jour 2 du déconfinement. Je pensais trouver une ville tâtonnante, quasi fantomatique, j’imaginais même entendre claquer mes talons sur l’asphalte - ou le marbre, les Chinois adorent - façon western moderne (gros fantasme)… Bref, arpenter une terre inconnue. Et bien pas du tout. 

Après 7h de contrôles à l’aéroport pendant lesquelles j’ai abandonné toute dignité numérique, j’ai remporté en contrepartie toutes sortes de QR codes santé, pastilles et autres tampons dans toutes les nuances de vert possibles, symboles de ma liberté. Point d’hommes en blanc pour m’accompagner dans un centre de quarantaine ou même chez moi. On m’a relâchée dans un monde où rien ne semblait avoir bougé, ni même trembloté. Un joyeux dimanche, en somme, dans une ambiance bisounours, à en croire le paysage ce jour-là. Les shanghaien.n.e.s de chair ou de cœur battaient gaiement le pavé, éco-gobelet en main, débordant de lattes de toutes sortes, visages masqués tournés vers un soleil printanier.

Le 8 mars, donc, les boutiques étaient ouvertes, les bouis-bouis en ébullition, les terrasses sorties… et les gens aussi. Le confinement non-obligatoire mais « fortement recommandé » avait été respecté à lettre pendant deux mois, il était temps de retourner à la « vraie » vie. Moi, j’étais un peu shootée à l’idée d’avoir échappé à l’ambiance fin du monde, et je ne me suis pas vraiment demandé à ce moment-là, si c’était bien ça le fameux monde-nouveau-repensé-conscientisé. En fait, j’étais rassurée. Que le monde d’avant existe encore. De pouvoir aller faire mes courses « comme avant », boire des coups avec mes potes, buller dans la rue. Me sentir libre. Parce que, tout de même, en Chine, quand les choses vrillent, en général, c’est plutôt radical – et il n’y a pas de discours télévisé du chef pour tergiverser, c’est plutôt le 49.3 à chaque fois. Bien sûr, quelque chose allait quand même bouger, se décaler un tantinet. Ce n’était pas vraiment perceptible les premiers jours, mais quand le virus s’est officiellement mondialisé, les licornes ont cessé de sautiller dans les rues de Shanghai : poussée xénophobe, resserrement des contrôles – tout comme leur partialité –, crispation des mentalités et des visages…

Je cherche encore les élans de solidarité qui déferlent partout ailleurs mais pas vraiment ici. Tout comme l’idée même de ce monde nouveau, beau, et écolo. J’aime la poésie, les Chinois aussi, malheureusement, c’est le pragmatisme qui l’emporte la plupart du temps. L’impulsivité aussi. Je surveille ce temps long qui permet de rêver, de penser, de bâtir (bonjour la France), avec un pied dans celui, court, du présentisme (Nihao la Chine). Est-ce que deux parallèles finissent finalement par se rencontrer à un moment ?

Le 11 avril, alors que je vois bourgeonner sur la toile de l’Ouest une créativité délirante, en Chine, Hermès bat des records de vente, le livestreaming et le service à la demande explosent, pour encore plus d’instantanéité et d’assouvissement liés à la conso. Pourvu que demain ne soit pas ici. 

 

 

Caroline Boudehen, journaliste et auteure expatriée depuis 2016 à Shanghai. www.carnetsdeshanghai.com

 

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