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    Comment la Corée du Sud a réussi à #flattenthecurve

    Tandis que partout dans le monde, les courbes du Covid-19 s’affolent, la Corée du Sud semble avoir maîtrisé la progression du coronavirus. Quelles méthodes (efficaces) ont été employées jusqu’ici ? Décryptage d’un exemple pour le futur.

     

     

  • Prévenir

  • La Corée du Sud, qui avait connu l’échec de sa politique sanitaire en 2015 lors du virus MERS, n’a absolument pas tergiversé lorsque le premier cas de coronavirus est apparu sur son territoire. Une semaine après, alors qu’il n’y avait encore que 4 infections dans tout le pays, le gouvernement mandatait 20 compagnies pour produire des tests en masse. 

    Quant au premier gros foyer infectieux (un lieu de culte à Daegu), il a été rapidement identifié pour retracer tous échanges et contacts à partir de là. Les lieux publics de la ville ont été entièrement désinfectés. Avant même que le gouvernement n’en donne l’ordre officiel, les business locaux fermaient spontanément, en raison de la baisse drastique de fréquentation, et faisaient des demandes d’aides financières pour passer le mieux possible cet épisode.

     

  • Tester

  • Aujourd’hui, le pays produit 100 000 kits de dépistage par jour. Avec l’un des meilleurs systèmes de santé au monde (représentant une dépense de 33% du budget national en 2017), la population a pu y avoir accès gratuitement ou à des prix très abordables. Pas moins de 600 centres ont été ouverts pour l’occasion (et 50 en drive in) afin de ne pas engorger les hôpitaux et cliniques. 

    Tout a été conçu pour faciliter le procédé de test : un questionnaire, un prélèvement d’échantillon dans la gorge, une prise de température en quelques minutes dans une sorte de cabine ultra safe pour le personnel, avec un résultat envoyé quelques heures plus tard par SMS. Le gouvernement a encouragé sans relâche ses citoyens à se faire tester et obligé les visiteurs à downloader une app permettant de faire un auto-check up des symptômes. Avec 300 000 tests effectués, soit 40 fois plus que les Etats-Unis, la Corée du Sud a très vite pu isoler et traiter toute personne infectée, baissant de facto le taux de mortalité dû au Covid-19. 

    De leur côté, les bureaux, hôtels, restaurants et lieux publics ont utilisé des caméras thermiques pour identifier les personnes atteintes de fièvre. 

     

  • Tracer 

  • A la suite du MERS, le gouvernement a créé des outils performants pour la traçabilité des contacts viraux. Dès lors qu’une personne est identifiée comme porteuse du virus, on enquête sur ses échanges passés et potentiellement contagieux à l’aide de caméras de surveillance, de ses relevés de cartes bancaires, du data GPS de son smartphone et/ou de sa voiture.

     

    Des SMS officiels préviennent également de tout nouveau cas par quartier et des apps détaillent les trajets de ceux-ci, presque minute par minute (précisant même s’ils portaient un masque ou pas !). L’app Corona 100m alerte ses utilisateurs s’ils s’approchent à 100 mètres d’une zone récemment identifiée comme contagieuse. Tout individu qui aurait pu se trouver sur le chemin d’une personne infectée est ainsi appelé à s’identifier rapidement auprès d’un centre de test.

     

  • Isoler

  • Comme ici, la distanciation sociale a été recommandée et appliquée - mais sans aucun problème, ni délai. D’eux-mêmes, les gens ont commencé à travailler de chez eux, à éviter les rassemblements, à porter le masque lors de leurs sorties, à limiter celles-ci, etc.

    Toute personne infectée ne présentant pas de symptômes graves est immédiatement envoyée en quarantaine et doit downloader une app mouchard qui alerte les autorités lorsqu’elle quitte la maison sans autorisation (l’amende pouvant aller jusqu’à 2500 $). 

    Récemment, l’Asie ayant connu une « deuxième vague » de contagion, conséquence logique de la réouverture de certaines frontières. La Corée du Sud n’a pas été épargnée par ces nouveaux cas de Covid-19, dûs au retour au pays de ses concitoyens coincés à l’étranger. Le 31 mars, plusieurs centaines d’entre eux ont ainsi demandé leur rapatriement au gouvernement et sont depuis placés en quarantaine dans un hôtel de bord de mer à PyeongChang - avec des kits alimentaires fournis par l’état !

     

  • Traiter

  • Les patients sont tous catégorisés, puis répartis et soignés en conséquence. Seuls les cas graves sont acceptés à l’hôpital afin de ne pas saturer le système - tous les autres sont dirigés vers des centres spéciaux. Les traitements vont de l’isolation simple aux chambres à pression négative, en passant par une combinaison d’antiviraux et d’antibiotiques. 

    Pour info, le taux de mortalité de la Corée du Sud est de 1,5%, ce qui est en fait l’un des plus bas au monde.

     

  • Coopérer

  • Tout le monde a compris que l’affaire est trop grave pour s’insurger sur la perte de liberté individuelle. L’heure est à la solidarité publique. Comme l’explique Eileen Cho, journaliste et photographe américano-coréenne vivant à Paris, « dans la culture coréenne, il y a un concept appelé 정 (jeong), bien ancré dans la psyché collective. C’est un mot difficile à définir : il signifie à la fois émotion, sentiment, amour, nature humaine, sympathie et cœur. C’est une sorte d’empathie commune sous stéroïde, la victoire du collectif sur l’individualisme, un sens aigüe de la responsabilité. ». Le jeong, ce sens civique basé sur la coopération, s’est donc mis en place naturellement et chacun a pris les mesures nécessaires pour épargner la santé des autres.

    Le port du masque, qui faisait déjà partie des habitudes, a été fortement encouragé par les télévisions, des annonces dans le métro et des alertes SMS.  

     

  • Communiquer

  • Chaque jour, un rapport officiel ultra détaillé est disponible au public, permettant à chacun de suivre la situation.

    Lors de l’épisode de MERS, le gouvernement avait caché des informations clés et cafouillé dans sa comm’ de crise, créant un vent de panique chez les Coréens du Sud. Une erreur réparée aujourd’hui, puisque l’état fait désormais preuve d’une transparence remarquable dans sa gestion sanitaire du coronavirus - une contrepartie consentie par amendement en échange de la perte de vie privée de ses citoyens, comme un contrat de confiance.

     

    SOURCES : The Diplomat / NY Times / UCLA Medical Center 

    PHOTOS : France24 / The Diplomat / Quartz / NYTimes / Al Jazeera

    Un grand merci à Eileen Cho pour son aide précieuse.