Profitez de 10% de réduction avec le code WELCOME10* et de la livraison offerte à partir de 40€ d'achat.
*Offre valable une seule fois.

Votre Panier

    Votre panier est vide
    Total : €0.00

    La campagne, ça vous gagne !

    L’idée vous a probablement traversé l’esprit, à vous aussi. Partir vivre à la campagne. Profitez de la nature. Revenir à l’essentiel. Faire pousser ses légumes. Acheter une petite maison dans le Perche. 

    Vous n’êtes visiblement pas seul(e) à fantasmer champêtre. Alors que 17 % des habitants de la capitale ont fui la ville au début du confinement (plus d'un million de personnes avaient quitté l’Ile-de-France à la fin du mois de mars), les professionnels de l’immobilier observaient une hausse des demandes de maison de campagne en parallèle : 60 % des recherches sur seloger.com concernent des demeures avec jardin alors que celles d’appartements parisiens ont baissé de 20 % depuis le confinement... 

    La vie, la vraie

    En 2016, 44% des Français rêvaient de partir vivre à la campagne, ils étaient 78% en octobre 2019 et on ose à peine imaginer combien aujourd’hui que la pandémie a modifié le visage des grandes villes, privées de leurs principaux avantages (concentration de l’emploi, lieux de culture et d’hospitalité…). On s’en doutait, le Covid l’a fait : les questions de l’exode urbain ou de la contre-urbanisation commencent à se poser. WeDemain souligne d’ailleurs que ces dynamiques sont déjà en oeuvre aux USA où les millennials et les "classes créatives" fuient les villes géantes, adoubés par les entreprises de la Silicon Valley (Uber délocalise à Dallas, Apple à Austin, Lyft à Nashville..).

    Fatigués par de longs mois enfermés dans de petits appartements, terrifiés par la densité des métropoles en temps de pandémie, libérés du présentéisme grâce au télétravail (que 50% des cadres français pratiquent désormais), livrés à eux-mêmes - et à domicile -, les citadins réfléchissent plus que sérieusement à changer leur vie en lui donnant plus de sens. Et d’espace. Car effectivement, acheter un hameau pour le prix d’un 2 pièces à Paris, ça vend du rêve. Et tandis que le monde se réveille avec une énorme gueule de bois masquée, on ne peut que se réjouir de la résurgence du babacoolisme, mettant en avant les valeurs redécouvertes pendant le confinement de simplicité, de solidarité, de temps long… Mais attention, comme cet article du Monde au très chouette titre (Résilience Secondaire), toute la presse met en garde sur le fait que la réalité correspond rarement au fantasme. Faites donc le test ci-dessous (ou un tour sur le site très pratique Paris, je te quitte) avant d’investir dans une longère… 

     

    Aussi surprenant que cela paraisse, même la fièvre jaune, surnommée « grippe espagnole »qui a fait 20 à 50 millions de morts en 1918, n’a pas entraîné d’exode urbain : les populations des plus grandes villes ont continué d’augmenter dans les années qui ont suivi. Sauf que ça, c’était avant. Aujourd’hui, on a internet et ça change tout. Même nos fantasmes de campagne. Surtout nos fantasmes de campagne en fait...

     

    Cottagecore, rend-moi fort

    Ainsi Pinterest et les filtres elfiques d’Instagram étant passés par là, nous regardons désormais le pastoral avec des yeux énamourés qui nous en donne une version déformée et idéalisée : le cottagecore, une sorte de campagne sous stéroïdes popularisée par TikTok. Les champignons y sont probablement hallucinogènes, le crochet en est le sport national et on y fait des gâteaux de mousse des bois dans des cabanes enchantées. Un vrai paysage et lifestyle de contes de fée, rempli de biches, d’arcs-en-ciel et de paniers en osier...


    Pour les chasseurs de tendances de WGNS, “le cottagecore, c’est une forme de self-care qui s’exprime à travers un fantasme, celui d’un monde sans e-mails, sans métros bondés, sans technologie.”. Et Vice d’expliquer que ses disciples se posent sans doute la même question que celle de la « bible » du mouvement, le roman Le Jardin Secret, « pourrais-je avoir un morceau de terre ? ».

    Avant la crise sanitaire, le phénomène touchait surtout les plus jeunes (la ‘GenZ”), mais maintenant que tout le monde s’est mis à faire son pain et que les maisons de campagne sont devenues ultra populaires, la ruralité et l’esthétique champêtre qui l’accompagne sont devenues omniprésentes... y compris en cuisine et dans la déco, comme l’explique le New York Times. Tumblr mise même dessus pour faire son grand retour avec Cozy Tumblr aux milliers de photos de pain de campagne et de lapinous enchantés (il faut dire que depuis que le hashtag #cottagecore existe, le site déclinant a vu les posts sur le sujet augmenter de 153%, les likes de 541% et les reblogs de 644%...).


    Belle des Champs

    Et partout dans le monde, cet appel de la nature se fait ressentir. En Chine, la nouvelle icône du retour à la terre s’appelle Li Ziqi. Intrépide néo-fermière au look parfait, elle cuisine d’incroyables repas dans une cuisine wabi-sabique au max pour sa petite grand-mère, avec des légumes cueillis dans un potager infini qu’elle cultive elle-même, à mains nues ou presque (elle fabrique tout, même son four - c’est dément). Ses vidéos hypnotiques et ultra léchées, meilleures thérapies contre le stress du monde moderne, en ont fait une méga star de l’influence rurale : d’après The Guardian, elle a 22 millions de followers sur Weibo, 34 millions sur Douyin (la version chinoise de TikTok) et 8.3 million sur YouTube. Elle est désormais imitée par d’autres vloggeurs comme Little Bro in Western Yunnan et, voici qu’à leurs exemples, la jeunesse chinoise urbaine se prend maintenant à rêver d’une vie champêtre, frugale et rustre (comme nous, quoi), en un mot d’une gentrification rurale.


    Li Ziqi incarne parfaitement ce nouvel idéal qui nous chatouille tous : le paradoxe d’une reconnection à la nature, certes, mais avec une excellente connection wifi. Figurez-vous que cela a un nom : le fugu. Comme l’explique l’historienne de l’art Dr Cadence Kinsey, ce phénomène fait écho à d’autres tendances pré-existantes, de la digital detox au clean eating. Mais surtout, ce phénomène bucolico-cool tombe à pic dans un monde post-Covid où nous avons appris à nos dépends le retour aux vraies valeurs, à l’ancien temps, à l’autosuffisance. Et pour nous qui avons planté des graines sur les bords de fenêtre, enfourné des banana breads et chéri notre levain pendant tout le confinement, le tout bien sûr immortalisé en Stories Insta, l’année 2020 (ou ce qu’il en reste) sera fugu ou ne sera pas.