Profitez de 10% de réduction avec le code WELCOME10* et de la livraison offerte à partir de 40€ d'achat.
*Offre valable une seule fois.

Votre Panier

    Votre panier est vide
    Total : €0.00

    Le social-distance shaming, un mal pour un bien ?

    On les a bien en tête ces images du Canal St Martin bondé, d’abord pré-confinement juste après la première allocution de Macron (comme les Buttes Chaumont) et, pour boucler la boucle, dès le 11 mai, jour tant attendu de notre libération officielle. Tout à la joie de pouvoir enfin sortir sans attestation, une jeunesse insouciante en mal de vitamine D et de vie sociale s’est massée sur les quais parisiens pour y chiller comme si de rien n’était en buvant des bières. Jusqu’à se faire évacuer par la police.

     

     

    La réaction, dans les médias comme sur les réseaux sociaux, ne s’est pas faite attendre. Scandaleux égoïsme. Inconscience scélérate. Au temps du corona, on pointe très facilement du doigt les covidiots de tout poil qui ne respecteraient pas les règles de base : nous voici entrés dans l’ère du social distancing shaming. Bien malgré nous, nous nous sommes transformé(e)s en Big Brother (and sisters) incapables de laisser les autres vivre leur vie et, s’ils en trouvent la force, de kiffer la vibe. Nous avons d’abord critiqué les joggers amateurs envahissant les rues et vus comme des traîtres à la patrie, incapables de calmer leurs ardeurs pour une cause plus grande que leur irrépressible envie d’évasion, puis les joueurs d’instruments à vents, les enfants sans masque, et maintenant les djeuns qui n’en peuvent plus de vivre le printemps à leur fenêtre. Dans ce monde en liberté surveillée, serions-nous devenus des délateurs/juges trop zélés ou, au contraire, de nécessaires justiciers ? 

     

    Dans notre chère Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, on lit « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Or l’heure est grave et ultra sanitaire. La moindre sortie, le moindre échange de trop près, le moindre manquement au masque fait courir des risques fous à une société qui a déjà fait d’énormes sacrifices pour tenter d’enrayer ce virus insensé. Nous voici donc responsabilisé.e.s (car on l’a bien compris, même le gouvernement ne peut pas grand-chose) et du même coup, habilité.e.s à fliquer les autres. Sauf que : pas vraiment. Les autres sont les autres. Et maintenant que tout le monde a le droit de sortir et qu’on annonce des températures estivales la semaine prochaine, on risque à tout instant de devenir soi-même un autre. Car comment tenter de retrouver une vie « normale » tout en faisant attention ? Est-ce possible de garder ses distances dans des villes où les trottoirs ne font pas les 2 mètres réglementaires ? Comment se retrouver ensemble hors terrasses de cafés ? A-t-on le droit de kiffer encore ? Notre nouvelle liberté est-elle complètement bidon ? 

    La France est divisée, comme le décrit très bien Titiou Lecoq dans un article de Slate, entre ceux-qui-ont-compris-le-principe-et-jouent-le-jeu et « ceux qui vont postillonner dans les parcs au moindre rayon de soleil ». Les premiers, qualifiés d’anxieux ou de pisse-froid, sont passablement énervés par l’incivilité des seconds, jugés irresponsables ou débiles, qui en retour sont gavés par le prosélytisme des premiers. Et c’est pareil partout. Aux USA comme le raconte cet article du NYTimes, en Angleterre comme l’explique The Guardian… Nous sommes devenu(e)s les Karen (« je veux parler au manager ») des autres, aussi pénibles que la « police de la saisonnalité » sur Instagram qui fustige illico l’apparition d’une tomate hors saison dans une innocente food pic. Nous avons l’impression de le faire pour le bien commun, nous substituant aux forces de l’ordre en créant notre mini-patrouille mentale.

    Mais ce n’est pas hyper réjouissant de se transformer en monstre moralisateur avec l’aide de l’outil le plus efficace jamais inventé pour afficher les gens, à savoir internet. Il y a des malentendus parfois (comme ce mot laissé sur le pare-brise d’une infirmière anglaise fustigeant ses « déplacements non nécessaires » ou les commentaires désobligeants s’adressant à des gens qui n’ont pas le choix de travailler dehors), il y a des illusions d’optique aussi (comme ces photos qui montrent une foule amassée selon un angle et bien dispersée selon un autre). Et puis surtout, il n’y a pas de coupable dans cette crise. La stigmatisation et la culpabilisation de l’autre ne sont pas des choses dont nous sortirons grandis. Nous avons bien sûr tous notre part de responsabilité, nous devons protéger nos proches, appliquer des consignes, mais également tâcher de réduire l’anxiété sociale en restant mesurés dans nos réactions. 

    Garder la bonne distance physiquement, c’est hyper important. Mais il faut également savoir se distancier psychologiquement. Notre stress est généré par la peur, la confusion, la frustration aussi - des sentiments qu’il n’est pas bon de laisser bouillir trop longtemps en soi. Nous allons devoir ré-apprendre à vivre. Ensemble. Avec les autres. Hors les murs. En été. Et, un jour aussi, nous aurons à notre tour envie de nous asseoir dans l’herbe et d’oublier tout ça 5 minutes, de trinquer avec les ami(e)s qui nous ont tellement manqué, de draguer, de danser, de bronzer, de se baigner… Et ce jour-là, serons-nous à notre tour pointé(e)s du doigt ?

    Quartz Roller
    Quartz rose
    Apaise, tonifie, draine
    €25
    Quartz Gua Sha
    Quartz Rose
    Peau raffermie et tonifiée, ridules atténuées
    €25
    Baume hydratant corps
    Formule au lait de riz
    Enveloppante et ultra nourrissante
    €24
    Kit body "On the Go"
    La gamme corps complète
    qui vous suit partout
    €30