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    Li Edelkoort : le futur, c’est repartir à zéro

    Pour la prêtresse de la tendance Lidewij (dite Li) Edelkoort, la question du devenir de la mode n’est pas nouvelle. Elle avait déjà dénoncé dans Antifashion, son manifeste lapidaire lancé en 2015, l’absurdité de ce système à bout de souffle et annoncé sa disparition tel qu’on l’avait connu jusqu’alors.

    Elle n’avait précisé quand, mais ce pourrait bien être maintenant


    Dans une interview donnée à Deezen (et sortie le 9 mars, le jour même où l’Italie fut placée en confinement), Li Edelkoort, toujours en avance sur son temps, affirme : « la pandémie va provoquer la plus forte récession économique jamais connue ». C’est pourtant aussi pour elle, ce qui va nous permettre de nous réinventer, de réévaluer nos valeurs. Le virus est une tragédie mondiale (avec la mort de milliers de personnes), ses conséquences économiques sont dramatiques, mais c’est aussi indéniablement l’occasion de repartir sur de nouvelles bases.


    En pleine quarantaine consumériste, n’est-ce pas effectivement le bon moment d’interroger enfin notre manière d’acheter. Jusqu’ici, on consommait à grande vitesse - mais demain ? Nos armoires débordent de fast fashion non éthique, polluante, obsolète, inutile. Il est temps d’apprendre à être heureux avec moins, mais mieux : une robe bien faite, un vieux livre, de la cuisine maison... En y réfléchissant, posséder 20 t-shirts, 10 paires de jeans, 30 paires de chaussures (souvent mal fabriqués) rend-il vraiment plus heureux ? La réponse est non, mais vous le saviez déjà.

    Nous en avions conscience depuis longtemps, mais nous sommes désormais forcés à vraiment ralentir le rythme, à travailler de chez nous, à limiter les déplacements, à apprendre à devenir autosuffisants et attentifs. Tout d’un coup, ce qui nous paraissait normal nous semble ridicule : les défilés de mode, la publicités, les voyages de luxe… Nous questionnons tout et nous savons bien qu’un retour à la normale serait une mauvaise idée


    Nous produisons trop de tout. Notre système économique absurde fait que 90% des biens sont fabriqués en Chine, à partir de matière pétrochimiques. Des gadgets de riches comme des vêtements et des chaussures, mais aussi des médicaments et du matériel hospitalier, des objets en plastique envoyés en Afrique ou des saris en polyester exportés en Inde - là même où la pauvreté liée au chômage est immense. Trop de pays sont devenus dépendants, on a pu le constater, et il faut redistribuer les cartes.

    D’après Li Edelkoort, cette période est aussi l’occasion de regarder du côté de l’environnement (une des rares bonne nouvelles des conséquences du Covid-19) : avec le confinement et la fermetures des usines, le ciel est redevenu bleu et l’air à nouveau respirable. En Chine, en Italie, désormais à Paris et bientôt partout sur la planète… Pour elle, cela montre également bien l’importance du rôle de la mode, l’une des industries les plus polluantes, dans la préservation de notre planète.     


    L’impact de cette période sera culturel : Edelkoort prévoit un retour aux savoir-faire spécifique à chaque pays et région, à l’artisanat et au travail manuel. Elle imagine même, pourquoi pas, une fermeture annuelle et volontaire des usines 2 mois par an… Les initiatives populaires (tables ouvertes, marchés paysans, évènements de rue) vont en sortir plus fortes que jamais. L’esthétique de demain sera indéniablement dominée par le DIY et nous entrerons dans ce qu’elle nomme « l’âge de l’Amateur ». Nous serons les héros de nos propres vies.

    D’une manière générale, l’heure est au changement - et ce serait choquant que le milieu de la mode n‘en prenne pas conscience. Li Edelkoort se veut optimiste : oui, cela va être difficile et douloureux, mais on n’a pas le choix. Il faut prendre ce confinement comme une cure de désintox pour se débarrasser de nos addictions consuméristes. Cela passera également par quelques ajustements indispensables pour la fashion : réinventer la manière de travailler, cesser de voyager n’importe comment, arrêter la multiplication des événements démesurés aux quatre coins du monde, redonner de la valeur à l’humain et un sens au vêtement, faire mieux et moins tout en étant créatif… 


    Il est urgent de dessiner la mode (et le monde de demain) sur une nouvelle page blanche.