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    Zoom est mort. Vive Houseparty !

    Ce titre définitif et lapidaire, vu récemment dans la presse, est-il aussi prémonitoire ? Avec l’isolement forcé, le monde entier a découvert de nouvelles façons de se retrouver virtuellement. De nombreuses apps permettent de voir sa famille, de se réunir entre collègues ou de bavarder avec ses amis, mais une seule déchaîne à ce point les passions - et c’est définitivement Houseparty. Analyse d’un phénomène de société confinée.


    Créée en 2016 par Sima Sistani (ancienne de Tumblr) et Ben Rubin (qui a dirigé Meerkat, l’une des premières apps de live streaming), puis acquise en 2019 par Epic Games, (créateur de Fortnite, succès mondial du jeu vidéo), Houseparty n’était encore que #704 des applications en janvier 2020. Mais le mois dernier a fait passer ses 130 000 downloads/semaines à… 2 millions pour la dernière semaine de mars ! Houseparty fait désormais partie du top 10 de l’App Store, quand l’app n’est tout simplement pas #1 comme en Grande-Bretagne ou au Canada en ce moment même. 




    Alors que Zoom (récemment estimé à 44,5 milliards de dollars et #1 aux USA, avec une croissance de 117% de téléchargements) est une app sérieuse, avec une « étiquette » formelle (accès par code, rendez-vous fixes, etc) et un look un peu carré qui sied parfaitement aux réunions de travail, Ben Rubin expliquait dans Fast Company « nous avons voulu créer un lieu où l’on pourrait rencontrer à la cool une vingtaine de personnes sans avoir à programmer quoi que ce soit. ». Car Houseparty est un gros foutoir - et c’est exactement la raison de son succès.

     

     Effet je-tombe-sur-un-copain-en-terrasse-de-café garanti

    Une fois installée, l’app, hyper simple d’utilisation et super goulue en infos persos, avale avidement votre carnet d’adresse pour vous proposer de retrouver vos contacts sur place. Jusqu’ici, rien de nouveau, mais si l’un de vos contacts invite à son tour des amis, vous avez la possibilité de rencontrer ceux-ci et de vous joindre à leur conversation. Comme dans la « vraie » vie, vous pouvez donc être présenté(e) à de nouvelles têtes et, pourquoi pas, devenir pote avec. C’est comme s’asseoir à une table où un groupe de copains serait déjà installé.

     Effet je-croise-quelqu’un-dans-la-rue impeccable

    L’autre point à souligner et qui fait toute la différence, c’est que tous vos contacts sont potentiellement sur l’app. Oui, on parle donc de vos exs, de votre patron ou de gens que vous évitez consciencieusement là… Ça pourrait être très flippant, mais en fait, à notre grande surprise, c’est plutôt amusant de tomber sur des gens qu’on n’a pas vu depuis 10 ans ou avec qui on ne parlerait pas d’ordinaire. Le virtuel et le contexte aidant, chacun joue le jeu : vous voilà en train de trinquer avec votre boss ou de renouer avec de vieilles connaissances - sans que cela soit « lourd de conséquences ». De toute façons, ici, impossible de changer de trottoir (sauf en se déconnectant vite).

     Effet la-fête-à-la-maison saisissant.

    Enfin, malgré les petits jeux intégrés à l’app (quizz, Pictionary, etc), le grand plaisir de Houseparty réside surtout dans la possibilité d’intrusion/exclusion : vous pouvez rentrer et sortir de conversations en cours, inviter des amis à se joindre à vous (jusqu’à 8 personnes en tout), empêcher quiconque de rentrer dans votre discussion, envoyer des messages écrits à l’un de vos amis tandis que le bavardage suit son cours, épiez qui est avec qui… Comme le souligne artnet, vous pouvez totalement reconstituer une vraie soirée d’appart’ où l’on bitcherait dans la cuisine en vérifiant bien que personne ne peut entrer, tandis qu’on danse dans le salon en buvant des coups. Vous pouvez rajouter à ça un petit tour de drague du côté du couloir, une discussion philosophique dans la salle de bains, un moment gênant en poussant la porte d’une chambre, etc. Il faut imaginer cette app comme une grande baraque où, partout, il y aurait des gens que vous connaissez (ou pas encore, mais ça ne saurait tarder).  

    Pour l’avoir vécu, c’est un plaisir rare que de se parachuter d’un coup dans une « pièce » remplie de semi-inconnus qui célèbrent, hilares, votre arrivée. C’est une vraie jubilation que de pouvoir commenter sur les allées et venues des autres sur l’app, quand on sait qu’on peut « se faire surprendre ». Et c’est un miracle en ces temps confinés que de se réveiller le lendemain d’une soirée virtuelle avec une gueule de bois bien réelle. Alors effectivement, la qualité de l’image n’est pas fameuse, le son est parfois atroce, les notifications sont invasives, la protection des données laisse à désirer, mais quelle autre app peut prétendre à l’imitation aussi parfaite de ce qui nous manque à tous - la vraie vie sociale ? Aucune, pas même Zoom. Alors oui, on le dit aussi : vive Houseparty !