Pourquoi tout lire quand on peut se contenter d’une seule page ?

Pierre Bayard nous avait appris à parler des livres qu’on n’a pas lus ; voici le prix littéraire qui juge les romans sur une seule page ! Cette page fétiche c’est la 111, lue comme si elle était une œuvre en soi, scrutée et appréciée dans ses moindres virgules pour répondre à cette question : « est-ce que la partie vaut pour le tout ? ». 

Pourquoi la 111 ? se demanderont les numérologues avertis. Parce que c’est le numéro atomique du roentgenium ? Parce que c’est un score appelé « Nelson » au cricket ? Pas du tout : par pur hasard, « parce qu’un bon livre, ouvert à n’importe quelle page, doit pouvoir intriguer, amuser, choquer, attrister, réjouir ou tourmenter son lecteur, et parce qu’à la page 111 de la pièce de théâtre Rhinocéros d’Eugène Ionesco on trouve ces deux mots magiques : « pourquoi pas ? »”. 

Un prix décerné depuis 2012 et qui a même sa propre cérémonie décalée, diffusée sur Radio Nova comme ici en 2019 :  

 

A la clé ? Le lauréat reçoit un exemplaire encadré de sa propre page 111, une dotation de 111 centimes d'euros en pièces de un centime, 111 bisous du public (ça c’était avant le Covid) et le droit d'intervenir à discrétion pendant un an dans l'émission Nova Book Box sur Radio Nova, animée par Richard Gaitet, inventeur de ce prix littéraire humoristique.

En attendant, cet automne, l’édition 2020, voici la page 111 de quelques bouquins de la rentrée. Bonne micro-lecture : 


Yoga d’Emmanuel Carrère, éditions P.O.L

L’anomalie d’Hervé Le Tellier, éditions Gallimard

Gran balan de Christiane Taubira, éditions Plon

Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier, éditions de Minuit

La vie mensongère des adultes d’Elena Ferrante, éditions Gallimard

Le temps gagné de Raphaël Enthoven, éditions de l’observatoire